Les élus du Grau du Roi au tribunal de Nîmes.
Les deux élus du Grau du Roi feront appel de la décision du tribunal de Nîmes demain jeudi. le 13 décembre, ils ont été condamnés pour homicide involontaire suite à la bandido du 10 septembre 2006. Un homme de 77 ans était tué par un taureau alors qu'il sortait de chez lui.
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Les juges de Nîmes ont estimé que deux élus, organisateurs de cette manifestation étaient coupables d'homicide involontaire. Ils ont été condamnés à 3 mois de prison avec sursis et à une amende de 3 000 euros.
Le rappel des faits
Un arrêté municipal interdisait ce jour-là, tout stationnement sur le parcours du lâcher de taureaux, avenue de Camargue au Grau du Roi. Pourtant trois véhicules étaient garés devant le domicile de la victime.
L'homme, Giovanni Tempesta, s'est retrouvé seul face à un taureau qui s'était engagé sur le trottoir, sans pouvoir s'échapper. Il décéde quelques heures plus tard des suites de ses blessures.
Selon l'accusation et les membres de la famille du vieil homme, ces véhicules
auraient dû être enlevés par les organisateurs, conformément à un arrêté municipal
en interdisant le stationnement.
C'est ce défaut grave d'organisation qui a été pointé par les juges nîmois.
Enry Bernard-Bertrand, adjoint au maire chargé de la police municipale, a été condamné à 3 mois de prison avec sursis et 3 000 euros d'amende.
Le second élu de la commune, co-président du cimité des fêtes, Jean Spalma, est lui aussi condamné à 3 mois de prison avec sursis et 3 000 euros d'amende dont 2 000 avec sursis.
Les deux élus, appartenant à l'actuelle majorité municipale UMP, co-présidents
du comité des fêtes du Grau du Roi, sont condamnés solidairement à verser aux membres
de la famille de la victime une somme globale de 92.000 euros au titre du préjudice
moral.
Les élus font appel
L'avocat des élus, Me Jean-Marc Gros, avait quant à lui demandé leur relaxe, évoquant un "risque inhérent à la manifestation taurine". Enry Bernard-Bertrand et Jean Spalma ont annoncé leur intention de faire appel de leur condamnation. "C'est un jugement scandaleux", a estimé le premier. "Si on avait estimé qu'il y avait un danger quelconque, on n'aurait jamais fait débuter la bandide".
Pour Jean Spalma, "on ne peut pas en rester là. On n'a tué personne. L'avenir des traditions taurines est à présent très menacé".
Le maire solidaire

Le député maire du Grau du Roi à l'audience du 13 décembre
Etienne Mourrut, le député-maire UMP du Grau du Roi, s'est pour sa part déclaré "écoeuré de voir deux élus bénévoles ainsi mis au banc des accusés. C'est évidemment une affaire de fric et c'est tout ce que font les élus locaux qui s'investissent pour toutes sortes de manifestations qui est aujourd'hui menacé. On ne peut pas continuer à voir la justice s'en prendre ainsi aux élus", a-t-il dit.
Le maire du Grau du Roi explique sa position dans un communiqué :
" Cette sanction est lourde de conséquences et notamment pour l’avenir des traditions taurines, véritable poumon économique et culturel de la région, comme l’ont fait remarquer le Député – Maire du Grau du Roi Etienne MOURRUT, les deux protagonistes et Daniel Siméon, Directeur des Arènes du Grau du Roi qui, il y a quelques jours déclarait:
« … Au-delà de la responsabilité de l’organisateur et des travers qui peuvent en découler c’est le système dans sa globalité qui est visé. On craint que le verdict de ce procès n’entraîne une escalade qui mènerait indirectement à la suppression des abrivado/bandido dans tout le secteur taurin et par-delà à la disparition de nos traditions. Car ces divertissements taurins font partie de notre patrimoine culturel régional. On redoute que les responsables de clubs taurins, de comités des fêtes et les élus ne jettent l’éponge face à une pression trop grande. Les règles de sécurité, de plus en plus draconiennes, imposées par les préfectures, qui annihilent aux yeux de la jeunesse les principes du jeu, sont déjà un point de conflit pour les responsables pris entre deux feux. Si d’aventure leur position était affaiblie par une jurisprudence qui atteindrait à leur personne, alors on ne donne pas cher des coutumes camarguaises, car il se trouvera peu de passionnés de « biou » pour braver la menace de prison… ».



