Maître Alain Ottan

Maître Alain Ottan

Me Ottan reçoit un avertissement suite à ses propos après l'affaire Mourad.

Entre 3 et 6 mois d'interdiction temporaire d'exercer avaient été requis lundi devant la cour d'appel de Montpellier à l'encontre d'un avocat, Alain Ottan pour ses propos sur la composition d'un jury de cour d'assises. Il a finalement reçu un avertissement.

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"La Cour a infirmé la décision" de relaxe prononcée en première instance, par la commission de discipline, au profit de Me Alain Ottan, a indiqué son avocat, Me Philippe Expert.

Selon le parquet général, la Cour a estimé que les propos de Me Ottan constituaient "un manquement à la délicatesse et à la modération" et a prononcé "la peine disciplinaire la plus légère de l'avertissement".

 

Toutefois, "je pense qu'un recours sera engagé (par Me Ottan) devant la Cour de cassation, et éventuellement devant la Cour européenne des droits de l'Homme, s'agissant d'une question de principe touchant à la liberté d'expression des avocats", a dit Me Expert. Me Ottan n'était pas joignable vendredi.

 

En octobre 2009, Me Ottan avait plaidé lors du procès devant la cour d'assises du Gard d'un gendarme, jugé pour avoir tué par balle, en 2003, le jeune Mourad, 17 ans, qu'il tentait d'interpeller après des cambriolages.

Après l'acquittement du militaire, Me Ottan, avocat de la famille de Mourad, interrogé par la presse, avait déclaré s'attendre à un tel verdict.

"Un jury blanc, exclusivement blanc, où les communautés ne sont pas toutes représentées, avec (...) une accusation extrêmement molle, des débats dirigés d'une manière extrêmement orientée, la voie de l'acquittement était une voie royalement ouverte, ce n'est pas une surprise", avait-il dit.

 

Ces propos avaient conduit le parquet général de Montpellier à engager une procédure disciplinaire, reprochant à Me Ottan "d'avoir manqué à la modération". Il avait par la suite décidé de faire appel de la relaxe de l'avocat. "Me Ottan s'est comporté en pompier pyromane en faisant du racisme au nom de l'anti-racisme", a dénoncé lundi l'avocat général, pour qui les propos de Me Ottan "excèdent les limites de la liberté d'expression" des avocats dans le cadre de leur mission.

 

Pour la défense en revanche, la poursuite engagée à l'encontre de Me Ottan est "une parfaite injustice". "La seule force de l'avocat, c'est se soulever, forcer la réflexion, et dire là il y a quelque chose qui ne va pas". Le courage des propos, c'est la seule arme de l'avocat", a plaidé Me Philippe Expert. Aussi, pour Me Expert, sanctionner les propos de Me Ottan sur la composition du jury, qui relèvent selon lui d'un "constat", reviendrait à sanctionner "la liberté de parole". "Condamner Alain Ottan pour ses propos, ce serait rétablir la censure", a-t-il estimé.

 

"On ne peut pas supporter que la liberté de parole soit atteinte", a plaidé le second avocat de Me Ottan, Me Michel Tubiana, ancien président de la Ligue des droits de l'Homme. "Notre liberté, c'est votre liberté", a-t-il fait valoir aux magistrats de la cour, ajoutant: "Notre liberté de défendre, c'est votre liberté de juger".

 

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